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« La maîtrise de l’écriture apparaît comme un enjeu démocratique »

12 mai
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 mai

Alors que le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, met l’accent sur l’acquisition du langage pour la prochaine année scolaire, l’écrivain Rachid Santaki et la consultante Mélina Cohen-Setton plaident dans une tribune au « Monde » pour que l’écrit devienne une priorité nationale. L’organisateur de dictées géantes promeut « un geste simple » : « Consacrer chaque jour dix minutes à l’écriture. »


Présentation du manifeste "Les Mots font République" de Rachid Santaki, préfacé par Mélina Cohen-Setton (Photo : DR)
Présentation du manifeste "Les Mots font République" de Rachid Santaki, préfacé par Mélina Cohen-Setton (Photo : DR)

A l’heure des villes et des sociétés contemporaines, la langue n’a jamais eu autant besoin d’être écrite, partagée et transmise. Le constat est sans équivoque : les adolescents consacrent environ dix-huit minutes quotidiennement à la lecture, contre trois heures passées devant les écrans. Autrement dit, ces jeunes passent près de dix fois plus de temps devant un écran qu’à lire.


Dans ce contexte, il apparaît nécessaire de rappeler que l’écriture ne relève pas uniquement du cadre scolaire ou professionnel, mais qu’elle constitue un levier à la fois individuel et collectif. Quel lien peut-on faire entre le temps de lecture de la jeunesse et notre société ? L’expérience des stratégies de communication publiques montre que la légitimité des acteurs institutionnels repose autant sur leurs actions que sur la précision de leur langage. Les mots ne sont pas des ornements : ils participent à la construction du lien républicain.

            

La parole des élus, en particulier, engage. Elle structure la compréhension, oriente les perceptions et influe directement sur le rapport des habitants à leur territoire. Mais, au-delà de la maîtrise de la langue d’un élu, les espaces de la collectivité sont un enjeu d’avenir, de dialogue, d’apaisement et d’épanouissement collectif. A ce titre, les espaces publics comme les médiathèques, centres sociaux et structures municipales peuvent devenir des lieux d’expression où chacun a la capacité d’écrire, de parler et de se positionner.

            

Certains élus s’appuient aujourd’hui sur les nouvelles technologies pour toucher les publics et communiquer avec leur temps, à l’image des personnalités politiques engagées sur les réseaux. Ces usages permettent d’élargir l’audience et de renouveler les formats. Il s’agit donc de s’adapter à son époque sans renoncer à l’essentiel : promouvoir une langue française vivante, accessible et exigeante, qui demeure à la fois un marqueur social, un levier d’émancipation et une singularité française. Bien évidemment, cette promotion ne doit jamais devenir un outil d’exclusion ; elle doit transmettre et donner à chacun les moyens de prendre sa place, en réaffirmant le rôle de la langue française comme ciment commun et socle des mots partagés. (...)

         

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