Grand Paris : Méhadée Bernard dénonce la « recentralisation déguisée » préconisée par Clément Beaune
Dans une déclaration diffusée ce vendredi 5 juin, la nouvelle présidente de l'EPT Grand-Orly Seine Bièvre, Méhadée Bernard, répond sans détour à Clément Beaune qui, à un an de la Présidentielle, ressort le dossier explosif de la réforme du Grand Paris. Elle y dénonce un projet « approximatif » et « déconnecté des réalités du terrain », qui supprimerait communes, départements et établissements publics au profit d'une « Ville du Grand Paris » découpée en 40 districts.

« Oui à une réforme, mais non à l'effacement des territoires! », écrit la nouvelle présidente du Grand-Orly Seine Bièvre à la lecture du rapport de Clément Beaune sur le Grand Paris. Personne ne conteste la nécessité de faire évoluer le Grand Paris : voilà plus de dix ans qu'une réforme est annoncée sans jamais aboutir, au point d'en devenir une arlésienne, souligne-t-elle. Mais pour Méhadée Bernard, la proposition portée par Clément Beaune prend exactement le mauvais chemin. Derrière le mot « simplification », elle voit surtout la disparition d'échelons de proximité essentiels — sans la moindre garantie d'une action publique plus efficace, et au prix d'une remise en cause profonde de la démocratie locale.
La présidente de l'EPT s'interroge aussi sur le calendrier : cette sortie intervient avant la remise du rapport attendu sur le sujet et alors même que le Sénat s'apprête à débattre de la simplification des normes applicables aux collectivités. Une prise de position jugée « prématurée » et « qui risque de refermer le débat au lieu de l'ouvrir, quand 7,2 millions d'habitant·es, leurs élu·es et les agents territoriaux devraient y être pleinement associés ».
À cette logique de recentralisation, Méhadée Bernard oppose une autre voie, défendue dans une tribune co-signée avec de nombreux élu.es et publiée, le 17 mai dernier, dans L'Humanité : transformer la Métropole du Grand Paris en un syndicat mixte de coopération, recentré sur des compétences stratégiques comme l'air et l'eau. L'idée : réunir autour de la table communes, départements, région et grands syndicats techniques pour bâtir une gouvernance utile, stable et débarrassée des rivalités institutionnelles — sans tout fondre dans une entité administrative abstraite.
Dans sa déclaration, elle souligne : « Le Grand Paris mérite mieux qu'un slogan institutionnel ou une énième opération de com. Il mérite une réforme construite, partagée et réellement au service des territoires et de leurs habitant·es. »
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